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Qui veut trinquer avec Wikileaks ? 1/?

Pour ceux qui aiment ouvrir le robinet de l’information, il est question aujourd’hui du site Wikileaks.org, spécialisé dans la diffusion d’informations confidentielles et qui n’est pas trop du genre à se mouiller pour évoquer ses sources. Ses révélations, elles, en revanche sont connues et couvrent un large éventail de sujets allant de la liste des très britanniques et très nationalistes membres du British National Party en passant par les rituels d’une confrérie universitaire. Wikileaks s’est illustré plus tôt cette année en partageant une vidéo de guerre en Irak intitulée dommage collatéral, qui fut relayée y compris sur des chaînes télévisées de pays ne participant pas à ce conflit. Les fuites orchestrées par le site auraient pu nous laisser croire qu’il poussait le bouchon un peu loin, mais la diffusion au mois de juillet de 76 911 documents traitant de la guerre en Afghanistan a repoussé les limites de l’imagination.1

J’en connais qui auraient préféré l’ébriété d’un improbable Whisky leaks aux déboires du fameux journal de guerre de Kaboul2 , parce que l’essentiel des documents seraient de déprimants rapports de combats ou comptes rendus d’explosions, et c’est ce dont les trois quotidiens, choisis par Wikileaks pour déverser les informations, sont censés avoir le plus parlé.3 Les documents triés sur le volet pendant un mois par les trois journaux ont permis à toutes et à tous d’en savoir un peu plus sur la vie des soldats de la coalition, le problème de la culture du pavot, l’influence (prétendument envahissante) de l’Iran, les activités d’arrangeur de mariage d’Oussama Ben Laden, ou encore le double jeu du Pakistan sauf que toutes ces questions ne sont pas nouvelles. Il n’en reste pas moins que l’on pouvait s’attarder sur autre chose que des rapports de patrouille et autres faits de guerre.

Parmi tout ce qui a été lâché sauvagement dans la nature, on pouvait s’amuser de trouver le contenu de quelques câbles citant des ambassades ou consulats des États Unis ainsi que du département d’État4 . Je note au passage que bien que les sources n’aient pas été vérifiées, le fait que l’on se soit inquiété du sort des collaborateurs afghans cités dans les documents me laisse penser que tout ce qui a été diffusé n’est pas forcément du flan5 , et ceci pourrait nous faire nous interroger au sujet de la responsabilité de ceux qui ont ouvert les vannes. Mais revenons en aux fuites elles-mêmes. À leur parution, j’ai commencé par sonder du côté des pays de l’Union européenne. 6  Pour l’essentiel des câbles qui m’intéressaient, il s’agit de résumés quotidiens, comparables à de la revue de presse mais au niveau de l’activité d’une ambassade, et essentiellement des documents très courts. Et en dépit du fait qu’ils soient classifiés, rien de bien original ne s’y trouve, toutefois cela peut tout de même donner une petite idée de quelques orientations de politique étrangère des pays européens et des États-Unis d’Amérique à ce moment-là. Ces documents-là sont quasiment tous concentrés sur une période s’étendant de mars à septembre 2007, et comme ils n’offrent guère de suivi possible en dehors de ce qui a été relaté dans la presse, on en restera au niveau anecdotique … à moins qu’une prochaine fournée de documents Wikileaks ne contienne d’autres documents du même acabit permettant de les lier entre eux.7  Avant de poursuivre votre lecture, je voudrais signaler que les ambassades et consulats cités plus bas sont ceux des États-Unis. Ensuite tout ce qui sera affirmé ici dans les prochaines lignes ne le sera qu’à partir des documents publiés par Wikileaks, et pourra donc encore très bien faire l’objet d’un démenti des autorités concernées. Munis de ces précautions, c’est donc une cuvée millésimée 2007 que je vous propose ici.

Haro sur les positions françaises
Tout d’abord côté français, on trouve deux documents datés de la fin du mois de mai 2007 (les 29 et 31) et un du début juin (le 4) de la même année. Les deux premiers câbles évoquent la position du directeur général des affaires politiques et de sécurité du Ministère des affaires étrangères et européennes, Gérard A. , qui est que la France n’a pas prévu de se retirer d’Afghanistan et qu’elle maintiendra le nombre de ses troupes au nombre auquel elle s’était engagée à tenir. Il ajoute que si quelques conseillers du président sont favorables à un retrait d’Afghanistan, tous ceux qui sont concernés par cette question, et plus particulièrement les hommes des casernes, sont convaincus qu’il est important que la France maintienne son engagement. On apprend qu’il a fait passer au président le message selon lequel il faut venir en aide aux États-Unis au sujet de l’Afghanistan, assurant ses interlocuteurs de l’ambassade que la solidarité avec leur pays serait un facteur clé pour la prise de décision du chef d’État. Ce dernier, bien qu’ayant fait campagne en évoquant que la France n’avait pas vocation à rester en Afghanistan, n’en reste pas moins un sympathisant des États-Unis d’Amérique. Enfin dans le dernier câble, Gérard A. déclare que le président a pris la décision que la France ne quitterait pas l’Afghanistan mais que ce dernier aimerait que soient engagées des discussions dans un format restreint (États-Unis d’Amérique, Royaume Uni, Allemagne et France) au sujet d’une stratégie de retrait. On apprend aussi que le président a l’intention d’accroître les équipes d’instructeurs de 1 à 14.

Qu’a-t-on appris au final ?
1. Que seulement deux semaines auront suffi à partir de la prise de fonction du président français pour adopter une rhétorique relativisant les propos tenus pendant la campagne électorale. Pour remettre en place le décor, revenons aux derniers moments de la présidence Chirac et rappelons-nous qu’au début du mois d’avril a eu lieu le rapt de deux humanitaires français par des talibans, et que la rançon demandée par ceux-ci était un retrait des troupes françaises d’Afghanistan. Les ravisseurs relâcheront (le 11 mai) le dernier otage français et ses accompagnateurs locaux cinq jours après le second tour de l’élection présidentielle française en espérant que le candidat vainqueur tiendrait parole au sujet du retrait évoqué. Heureux soit le victorieux candidat de n’avoir parlé que de présence à long terme puisque à peine entré en fonction (le 16 mai) , son homologue George Bush fils lui demande de rester en Afghanistan. Ceci explique qu’outre-Atlantique on demande avec intérêt quelles seront les orientations de la politique étrangère hexagonale. À titre indicatif, on peut dire qu’entre 2007 et 2010 les effectifs alloués par la France à la résolution du problème afghan ont triplé, et que récemment le président actuel a déclaré que les troupes resteraient aussi longtemps que nécessaire.
2. Que selon ces fuites, l’Élysée voudrait discuter d’une stratégie de retrait en petit comité c’est à dire en oubliant les Afghans, ou les alliés dont les contingents sont alors plus fournis que celui de la France comme le Canada ou l’Italie.

Ah les mânes! Ces lémures de Berlin

L’éventualité d’un retrait allemand hante les esprits outre-Atlantique depuis belle lurette, et les deux câbles (datés de mai et août 2007) citant l’ambassade américaine à Berlin nous le montrent bien. Si en Allemagne les politiciens de la majorité et les officiels de haut rang du ministère de la défense sont contre un départ d’Afghanistan, l’opinion publique y est en revanche favorable. Par conséquent, les États-Unis s’inquiètent (en mai) que les mandats des deux opérations (Enduring Freedom ou liberté immuable, et la FIAS) auxquelles l’Allemagne participe puissent ne pas être renouvelés (en novembre). Les émissaires de Washington font comprendre à leur allié teuton que la simple idée d’un retrait serait perçue comme un signal très négatif de la solidarité allemande dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Ce rappel à l’ordre a lieu quelques jours après l’attentat le plus meurtrier en quatre ans contre les hommes de la Bundeswehr, et il est alors difficile outre-Rhin de ne pas être sensible à cette perte. Néanmoins, même si à cette époque les choses n’étaient pas aisées pour le gouvernement allemand, on trouve encore à ce jour des Allemands dans la province de Kunduz. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, les effectifs allemands n’ont fait que croître.8 Peut-être est-ce dû à l’action discrète de ces revenants américains si inquiets d’un retrait ? Nous verrons bien si Berlin maintiendra son engagement malgré les fuites afghanes tuyautées par le célèbre et espiègle magazine. Après tout, les États-Unis avaient raison de s’inquiéter puisque le mandat allemand consenti à l’opération liberté immuable ne fut pas renouvelé en 2008.

L’office Prodi
Ensuite, figurent parmi les plus gâtés – ou devrais-je dire les plus arrosés – par les fuites que j’ai relevées, les Italiens. Celles-ci s’étendent à d’autres situations que celle de l’Afghanistan. Au compteur, quatre câbles sont en lien avec le pays alors dirigé par Romano Prodi. Entre autres un résumé d’entretien (du 30 mars 2007) assez complet (comparé à la vacuité de la plupart des câbles que j’ai lus) entre le sous-secrétaire d’État John Negroponte et l’ambassadeur italien en Afghanistan, Giovanni Castellaneta, marque les positions italiennes favorables au plan Ahtisaari et donc à la reconnaissance du Kosovo : un sujet sur lequel l’Italie, l’Allemagne, le Royaume Uni, la France et les États-Unis sont sur la même longueur d’ondes. Cette position est encore soutenue dans un rapport de conversation entre l’ambassadeur des États-Unis en Italie, Ronald Spogli et le ministre des affaires étrangères transalpin, Massimo d’Alema, dans lequel ce dernier semble avoir donné son agrément pour effectuer une déclaration claire en faveur de la reconnaissance du Kosovo.  La rencontre Negroponte-Castellaneta porte aussi sur le problématique procès du marine Mario Lozano, que les deux principaux interlocuteurs jugeront comme étant une affaire classée pour leur gouvernement respectif.9 Ils évoquent également le besoin d’organiser une rencontre Bush-Prodi à la demande des Italiens puisque cela fait tout de même un an que le socialiste italien a été élu et qu’il n’a toujours pas rencontré le locataire de la maison blanche. Cela aura lieu en juin 2007 sous les huées de la strada romaine, mais sous les bons auspices de la diplomatie internationale.

On note aussi la présence d’un mince fil directeur à travers les quelques câbles concernant l’Italie avec l’affaire de l’organisation non-gouvernementale Emergency, qui retient l’attention des États-Unis d’abord parce que la fondation réclame la libération d’un travailleur local incarcéré – le directeur d’un hôpital de l’ONG – par le gouvernement afghan, ensuite parce qu’elle menace de fermer ses précieux hôpitaux et nombreux dispensaires.10 Un premier câble issu de l’ambassade de Kaboul qualifie l’ONG d’insupportable et soupçonne le gouvernement italien de vouloir fermer un hôpital dans la capitale afghane. Le même document indique que le travailleur humanitaire est soupçonné d’être impliqué dans l’enlèvement d’un journaliste italien récemment libéré au moment des faits11 . Ensuite lors de la rencontre Negroponte-Castellaneta, l’homme de Washington demande que le gouvernement italien agisse pour que l’ONG ne mette pas sa menace à exécution. On comprend alors qu’entre temps c’est Emergency et non le gouvernement qui a émis les menaces12 . L’ambassadeur Castellaneta lui rétorque que l’ONG a demandé à son gouvernement d’intervenir dans la dispute et même demandé que leur travailleur soit échangé contre des terroristes ; un point sur lequel le diplomate prendra la peine de bien expliquer que le gouvernement italien ne se livrera plus à ce genre d’échanges. Dans un autre résumé de discussion on apprend que le ministre des affaires étrangères italien d’Alema ne croit pas qu’il doive ou puisse intervenir dans ce dossier qui, selon lui, ne concerne que Emergency et le gouvernement afghan. On note aussi que les diplomates italiens demandent à leurs homologues de Washington de faciliter une visite auprès du détenu afin de vérifier l’état de santé de ce dernier. Finalement, le directeur d’hôpital afghan est libéré le 19 juin 2007 après avoir été acquitté des charges retenues contre lui, toutefois cela n’empêchera pas l’ONG de mettre temporairement ses menaces à exécution. Enfin toujours est-il que trois ans plus tard, Emergency continue d’être embarrassée par ce genre d’arrestations à cause de soupçons de collusion avec les Talibans.

Toujours du côté des relations transalpines, dans la discussion (du 5 avril) entre le ministre d’Alema et l’ambassadeur Spogli, on évoque l’application stricte des sanctions à l’égard de l’Iran, le processus de paix au Proche Orient, les inquiétudes au sujet du Liban où selon d’Alema tout sauf la FINUL semble être dans l’impasse13 , l’affaire Abu Omar (qui est évoquée dans l’entête du câble mais pas détaillée)14 , l’accord italien de participer à la fermeture de Guantanamo en acceptant d’accueillir quelques détenus.

Enfin, du cachot aux cachoteries, selon deux officiels de haut rang l’Italie accroissait discrètement ses moyens sur place, parce que ses rapports avec l’opinion publique étaient difficiles, et qu’ils trouveraient un moyen de contourner les restrictions votées et demandaient donc que cela reste entre eux. C’est probablement la fuite la plus controversée en matière de gouvernance pour un pays européen puisque deux hommes semblent avouer une tendance à la dissimulation, mais ne s’étendent pas plus sur les moyens d’y parvenir. Finalement l’Italie de Prodi donne l’impression d’être un allié qui veut regagner sa fiabilité, puisqu’il se conforme à ses exigences et renonce à ses précédents errements comme les échanges de prisonniers talibans contre des otages et une rançon.

S’il n’est pas question des Huns, qu’en est-il des autres ?
A contrario, côté britannique, bien que ce soit sans doute le pays européen le plus cité dans les documents diplomatiques, il n’y a guère à retenir sinon que dans les câbles évoquant des rencontres entre officiels américains et anglais, les sujets de sa majesté coopèrent extrêmement bien avec la Maison Blanche.

Côté espagnol, on ne trouve que deux échanges avec le directeur politique du ministère des affaires étrangères ibérique alors enthousiaste (en avril) parce que les troupes étaient à l’offensive en Afghanistan. Selon lui le gouvernement espagnol allait faire une annonce évoquant le bon travail mené sur place. À lire sa seule déclaration, on aurait pu croire qu’il y avait lieu d’être optimiste sur le conflit afghan. Ceci tranche nettement avec l’idée que l’opinion publique se fait de cette guerre. Le directeur politique évoquera la question cubaine, et celle du Sahara occidental. On remarquera aussi que les deux alliés – espagnol et états-unien – ne sont pas d’accord au sujet de la politique de sanction à l’égard de l’Ouzbékistan.

Pour les Portugais, en juin 2007, il est question d’austérité et de présidence européenne. Les Lusitaniens mettent cette excuse en avant pour justifier leur incapacité à envoyer de renforts en Afghanistan.

Du côté des autres capitales européennes, on peut noter que les pays les moins peuplés d’Europe font aussi ce qu’ils peuvent pour participer ou du moins pour souligner leur participation à la guerre en Afghanistan. Il en va ainsi en mai de la Lettonie qui, en espérant pouvoir augmenter sa présence sur place, avoue que cela représentera pour elle une grande étape ainsi que pour son commandement militaire. Autre exemple avec la Slovénie qui rapporte avoir augmenté son contingent de 20% (de 54 à 66 soldats) ou encore avec l’oncle Sam remerciant la Lituanie pour sa donation de munitions à l’armée afghane.

C’est donc plus particulièrement en Europe de l’Ouest que l’on relève l’existence d’une certaine réticence voire une hostilité de l’opinion publique à avoir une présence militaire en Afghanistan. Ces doutes, longtemps nourris, n’ont finalement été confirmés qu’avec la chute du gouvernement néerlandais qui s’est déchiré sur la question afghane en février de cette année. De plus, les retraits ne semblent devenus politiquement envisageables qu’avec l’évocation d’un calendrier de retrait et d’une stratégie de sortie par l’administration Obama formulée à la conférence internationale sur l’Afghanistan à Londres en janvier dernier. 15 Toutefois, cette porte de sortie n’intervient qu’à la demande d’un dernier effort puisque les États-Unis auront envoyé 30 000 hommes supplémentaires en Afghanistan d’ici la fin de l’année 2010.

Pourtant, en dépit du fait que les gouvernants redoutent l’opinion publique, ils poursuivent non sans difficulté leur collaboration avec les États-Unis. En mars dernier, le site Wikileaks.org avait relâché un mémorandum de la cellule rouge de la CIA16 , à l’authenticité incertaine, dans lequel on lit que « l’apathie de l’opinion publique permet aux dirigeants d’ignorer les électeurs » , un choix sur lequel l’Allemagne et la France se sont reposés pour accroître leur présence en Afghanistan. La note en question, s’intitule : « Afghanistan: maintenir le soutien des pays d’Europe de l’Ouest à une mission de l’OTAN ou pourquoi compter sur l’apathie (de l’opinion publique) pourrait ne pas être suffisant. »17 et a reçu très peu de visibilité à sa sortie, ce qui en dit probablement long sur cette fameuse apathie. Le document essaye de trouver des moyens de rendre cette guerre acceptable au grand public, et force est de constater que ce dernier n’est toujours pas prêt à l’accepter pas plus qu’à s’en préoccuper.  Le but des fuites opérées par Wikileaks était évidemment d’aller à l’encontre de la poursuite de ce conflit, et c’est naturellement les bavures et les tirs amis qui ont été les plus relayés. Pour autant que promouvoir le maintien ou le départ des troupes occidentales soit une fin louable, c’est à l’opinion publique elle-même de se former sur la question. Paradoxalement, il était tout à fait possible d’employer des documents fournis par Wikileaks dans le but inverse.

La guerre en Afghanistan est une question importante en politique étrangère, puisque pour les États européens elle représente un moyen de témoigner leur engagement aux côtés des États-Unis d’Amérique, et ce de façon bien plus légitime qu’en Irak puisque l’intervention en Afghanistan découle directement des attentats du 11 septembre 2001. Et ça, c’est une autre histoire.

Edit du 27 octobre 2010 : Puisque le site Wikileaks semble avoir changé son arborescence, les liens pointant directement vers leur site seront redirigés vers celui de diarydig.org

  1. Oui, 76 911 et non pas 90 000 ou 92 000 comme tout le monde l’a visiblement cru et recopié. Il faudra attendre le mois d’août  pour voir le chiffre corrigé dans la presse française, mais c’est en réalité la somme des documents que les trois journaux choisis par Wikileaks ont reçu contrairement au grand public … []
  2. Kabul War Diary, comme cela est encore affiché en haut de page sur le site. En réalité, je devrais parler plutôt des War logs ou du Afghan War Diary. []
  3. Der Spiegel, the Guardian et the New York Times. []
  4. Le ministère des affaires étrangères des États-Unis, autrement dit leur Guet d’Orsay à eux. []
  5. Dans quelques documents on trouve des noms, des indications sur les familles et des numéros de téléphone … On ne peut pas dire que Wikileaks se soit embarrassé de savoir s’il y avait des personnes qui pouvaient être menacées de mort par la divulgation de ces informations. []
  6. J’ai surtout déploré qu’il soit décourageant de récupérer quoi que ce soit à partir des fameuses fuites de Wikileaks. Pour commencer, l’image du site que l’on peut utiliser localement ne s’affiche correctement qu’avec le navigateur Chrome, que je n’utilise pas. Ensuite, mauvaise surprise il n’y a aucune fonction de recherche … Le site de l’afghan war diary n’étant pas indexé par Google et difficilement accessible les premiers jours, je me suis donc rabattu sur les fichiers csv et sql en attendant que owni.fr produise une application utile, puis que je découvre le site diarydig.org . Pour me repérer, j’ai aussi utilisé ceci. []
  7. On pourrait par exemple lier ce document concernant l’ambassade indienne auquel seule la presse choisie avait accès à celui-ci. []
  8. À la louche, 2 700 hommes en 2006, 3 400 en 2009, et environ 4300 en 2010. Voté en avril dernier, le mandat allemand autorise la présence de 5 350 de ses soldats en Afghanistan. L’échéance du mandat aura lieu en février 2011. []
  9. Pour résumer, il s’agit d’un soldat qui, en 2005, a commis une bavure en ouvrant le feu sur le véhicule contenant la journaliste italienne Giuliana Sgrena et des membres des services secrets de son pays qui venaient de la libérer. Un agent, Nicola Colipari, trouva la mort, et l’affaire fit les gros titres. Dans la conversation, Negroponte semble s’être montré pressant et rappelle que cette histoire est très problématique et que, si Lozano était jugé par contumace, cela détériorerait leurs relations et donc qu’il fallait l’empêcher d’avoir lieu. C’est d’ailleurs ce qu’il se produira, le procès n’aura pas lieu. []
  10. Washington semble être plus regardant que Rome au sujet des hôpitaux puisque dans un autre câble on apprendra que les Italiens se sont abstenus d’envoyer la moindre délégation à l’inauguration d’un hôpital que leurs contribuables ont pourtant financé. La lecture d’autres documents indique que les États-Unis ont le souci de ne pas voir les ONGs quitter le territoire afghan parce que cela réduit l’offre d’emploi et la vitesse de reconstruction du pays et favorise l’insécurité. []
  11. En effet, quelque temps auparavant a eu lieu la libération d’un journaliste italien en échange de prisonniers talibans, et selon la presse peut-être même d’une rançon. Dans une déclaration du responsable d’Emergency, Gino Strada, on apprendra que l’employé en question a servi d’intermédiaire pour l’échange de prisonniers et qu’un otage des talibans vaut bien deux millions de dollars.
    Le Royaume Uni et les États-Unis sont montés au créneau pour dénoncer cette pratique. À titre anecdotique, on trouve dans les documents du journal de guerre afghan de Wikileaks un câble de l’ambassade américaine de Tallinn dans lequel les Estoniens déplorent silencieusement l’action des transalpins, et estiment que suffisamment de pays ont fait de remontrances à l’Italie à ce sujet. []
  12. Ce qui est logique puisque ce ne serait pas une ONG mais une OG. []
  13. En effet, à cette époque, le Liban jouait encore à se trouver un moyen compliqué de gouverner. []
  14. Abu Omar est le surnom d’un imam italien qui fut enlevé et emmené en prison. À l’époque, certains pays sont en proie à l’interrogation au sujet de vols secrets de la CIA sur leur territoire, vols qui transportent le genre de passagers que l’on retrouve dans d’obscures prisons … Quelques documents déclassés partiellement ou intégralement ayant trait à ces histoires de prisonniers fantômes sont disponibles sur le site même du département d’État ; on en trouve notamment au sujet d’Abu Omar. []
  15. Le seul pays qui avait prévu de quitter l’Afghanistan depuis belle lurette était le Canada dont le mandat au sein de la FIAS se terminera en février 2011. Cette décision a été prise en 2008.  []
  16. Créée, comme de nombreuses autres cellules, par Georges Tenet après l’attentat du 11 septembre 2001, elle s’occupe principalement de fournir des éléments de réflexion. []
  17. Disponible ici en pdf , Sustaining West European Support for the NATO-led Mission—Why Counting on Apathy Might Not Be Enough , document commenté en français sur le blog Secret Défense []

5 Réponses pour Qui veut trinquer avec Wikileaks ? 1/?

  1. Les tweets qui mentionnent Chroniques d’un pingouin ordinaire » Blog Archive » Qui veut trinquer avec Wikileaks ? 1/? -- Topsy.com

    [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par WikiLeaks, Arne, ART VOLUME ONE, Arthur Ferreira, hackerzvoice et des autres. hackerzvoice a dit: RT @wikileaks: Qui veut trinquer avec Wikileaks? http://bit.ly/ccGPGw [...]

  2. cobaye

    Très instructif. J’attends la suite (semble-t-il?).

  3. Monsieur Pingouin

    Bonsoir cobaye,
    Il y a bien une suite de prévue, mais j’ai peur de ne pas pouvoir la livrer au plus tôt avant au moins deux semaines.

  4. Novinha56

    Beau boulot!
    Bakchich vient de pondre un article sur le même sujet
    http://www.bakchich.info/Fuites-Wikileaks-et-la-France-dans,12002.html
    Ca ressemble drôlement à votre première partie.
    Perso, je trouve la couverture de ces événements en France particulièrement médiocre et suis assez d’accord avec cet autre article de Bakchich
    http://www.bakchich.info/Wikileaks-les-medias-francais-le,11504.html

  5. Monsieur Pingouin

    Merci Novinha56.
    Je viens de lire l’article de bakchich à ce sujet.
    Je crois que la ressemblance est due au fait qu’ils ont finalement pris le temps de lire les trois câbles de l’ambassade des États-Unis à Paris et pris le temps de remettre les éléments dans leur contexte, comme je l’ai moi-même fait en juillet… De là à dire qu’ils se soient inspirés de mon article, pourquoi pas ? Après tout, je l’ai écrit en premier. :-)

    Sinon, j’irai plus loin que vous en disant que la couverture de ces évènements en France est en dessous de la moyenne. :-P