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Douce offense, cher pays de mon enfance

C’est décidément un marronnier pour blagueur, la Marseillaise a encore été sifflée au stade de Corse1 euh de France, enfin je ne sais plus très bien. Comme d’habitude, j’ai soigneusement pris la liberté de faire autre chose de mon temps libre plutôt que de me livrer au spectacle du piétinement collectif d’une pelouse innocente ou de joueurs atterrants atterrés en petite tenue2 sur lesquels atterrissent parfois de terrifiantes chaussures à  crampons.

Ce n’est pas pour jaboter, mais si la Marseillaise était si imbuvable je me demande comment quelqu’un pourrait la siffler sans se faire mal au gosier3 . Ceci dit, on a encore trouvé mardi soir des personnes pour s’égosiller à  essayer de siffler la Marseillaise, ce qui constitue encore pour moi un mystère inhérent à  l’homo sapiens que je devrais attribuer à  l’état d’ébriété dont j’essaie de rester le plus étranger possible.

À vous parler de l’état d’ébriété à  l’étranger cela me procure une petite pensée pour Jà¶rg Haider, dont la conduite irresponsable devrait suffire à  faire comprendre que la mort en état alcoolémie frappe sans détour tant le vieux populiste autrichien que le jeune bipède hirsute fêtard qui ne sait pas négocier ses virages autrement que dans un platane.4 À tout malheur il y a néanmoins quelque chose de bon puisque cette perte pour l’Autriche me permet d’affirmer que les routes de Carinthie seront désormais garanties d’arborer un chauffard de moins au compteur.

Il n’empêche que tout cela me parait curieux, j’ai toujours trouvé la Marseillaise particulièrement bien roulée, comme disent les amateurs de patins. Que dire de son tempérament méditerranéen sinon qu’elle a la classe puisqu’elle ne daigne même pas répondre à  toutes ces sollicitations intempestives ? Non, moi, plutôt que de la siffler, la Marseillaise je l’épouserai.

Une dame aussi convoitée qu’elle, que même des garçons dans le vent ont honorée dans leur « All you need is love« , c’est sûr : elle doit être du genre unique. Il n’est pas étonnant que les réactions qu’elle provoque soient d’une jalousie maladive. À quel point ? Si je vous confie que la maladie en question en est au stade de l’offense, vous me croirez sur parole car j’ai tout de même près de 80 000 spectateurs pour témoins.

À vrai dire, que pourrais-je ajouter de plus que je n’aurais pas écrit l’an passé sur ce même thème ? Peut-être qu’il serait de bon ton de rappeler aux siffleurs en herbe, qu’ils feraient mieux d’imiter le chant de l’alouette qui tirelire, car dans le cas où ils seraient pris en flagrant délit la (fausse) note leur sera facturée la bagatelle de 7 500 euros5 c’est dire si cela en principe devrait les faire déchanter.

Peut-être que ce n’est pas la solution ? Après tout, lorsqu’il est question de s’occuper des six fleurs, nombre d’entre vous doivent penser qu’il doit falloir s’attaquer au mal par la racine. Alors où est donc le mal ? Qu’est-ce qui a fait le terreau de cet état d’esprit, qu’est-ce qui a planté puis laissé éclore la mauvaise graine ?

Il doit y avoir sans doute autant de réponses que de variété d’hommes, et un petit coup d’œil jeté dans la blagosphère devrait le prouver. En attendant, ce n’est pas mon ton persiffleur (perd siffleur ?) qui égarera les six fleurs qui de toute façon se sont d’ores et déjà  disséminées dans la nature, et dont on entendra encore parler à  l’avenir. D’ici là , si la Marseillaise veut siffler une bonne rasade d’humour à  mes côtés ou veut chanter un couplet avec moi ou mieux s’accoupler en chantant avec moi également, je suis partant.

  1. Je me souviens avoir croisé en 2002 quelques supporteurs bastiais enjoués qui évoquaient le stade de cette façon avant de s’y rendre pour le match de finale de la coupe de France qui opposait leur club à  celui de Lorient. Curieusement c’est un match dont beaucoup se souviennent mieux des sifflets corses et bretons pendant l’hymne national que du but de Darcheville. []
  2. àŠtre vêtu seulement de shorts et de maillots constitue à  mes yeux une petite tenue surtout en ce chaleureux mois d’octobre. []
  3. Je sais mon cher lectorat que l’on peut siffler de la Villageoise, mais là  c’est vous que cela regarde. []
  4. Comme quoi la conduite de Jà¶rg Haider n’était pas si adroite que cela. Non, n’allez donc pas croire que je prétends que cet Autrichien ait pu être de gauche. J’ai trop de respect pour la gauche pour l’affubler d’une pareille calomnie. []
  5. Article 433-5-1 du code pénal. []

6 Réponses pour Douce offense, cher pays de mon enfance

  1. Criticus

    Mon cher Alcidé, je ne pense pas qu’il faille interpréter la reprises des premières mesures de la Marseillaise dans All you need is love comme un hommage à  l’hymne… Si tu écoutes bien, la Marseillaise, hymne militaire, est effacée par cet hymne à  l’amour…

  2. Rubin

    Merci pour le lien et pour ta douce poésie, Alcidé roi des banquises.

    Tu me laisses muet devant cet incroyable art. 433-5-1 du c. pén., dont j’ignorais parfaitement l’existence. En plus, aucun doute n’est permis, ils a été voté avec à  l’idée les matches de foot : 433-5-1. LOL

    Lomig, si tu nous lis, je retire ma réflexion sur l’absence de qualification pénale…

  3. De la liberté de siffler « Cratyle.net

    […] cette triste affaire des sifflets, Il semble aussi que les grands médias veuillent à  tout prix qu’on […]

  4. Gizmo

    J’ai quelques solutions alternatives à  la décision conjointe de nos deux ministres en charge des shorts, crampons et sphères bondissantes :
    1. Ne plus jouer les hymnes nationaux avant un match d’une équipe nationale. A défaut, ne plus jouer de matchs de foutchebol impliquant des équipes nationales. A défaut ne plus jouer de matchs de foutchebol.
    2. Au lieu de confier les Bleus à  Laam, faire sifflotter la Marseillaise par une harmonie sifflotteuse (cela doit bien exister dans notre beau pays) : imaginez, au centre de la pelouse, une centaine de vigoureux sifflotteurs, éventuellement soutenus par un orchestre philharmonique (deux qui la tiennent, trois qui la … chatouille ; désolée, Monsieur Pingouin, je n’ai pas pu résister). Comme la foule est irrésistiblement mimétique, si quelques sifflotteurs entonnent la Marseillaise, les autres suivront dans un élan harmonieux et pacificateur.

  5. Monsieur Pingouin

    Chère Gizmo,
    Ne soyez pas désolée, vu ce que je propose à  la Marseillaise …
    Sinon vos réponses aux solutions ministérielles sont imparables, le gouvernement aurait dû y penser avant.
    Avec la suppression du foutchebol, les ministres concernés pourraient vaquer à  d’autres occupations, et ce serait tout aussi harmonieux qu’un orchestre philharmonique dans la mesure où l’on aurait définitivement la paix dans certains stades. Malheureusement les aficionados du foutchebol devraient alors se trouver de nouveaux exutoires et cela ne règlerait pas le problème puisqu’ils iraient probablement siffler ailleurs.

    Dans cette affaire d’État qui ne déroge pas à  la règle des proportions démesurées, personne n’hésite à  faire de la surenchère sur ce qu’il faudrait faire à  l’encontre des siffleurs. Pourtant je dirais que personne à  ma connaissance n’a encore revendiqué l’attentat sonore et qu’à  l’heure actuelle personne ne sait qui était réellement visé : la Marseillaise ou ses chanteurs, les membres présents du gouvernement ou le ballon qui n’a même pas pu rendre les coups qui lui ont portés, les joueurs ou l’innocente pelouse qu’ils piétinaient, l’arbitre ou la température qui était sans doute plus rigoureuse que ce dernier. Tout ce que l’on sait, c’est que les auteurs des faits n’auraient pas travaillé de concert et que cela a déclenché une cacophonie exagérée de réponses de part et d’autre de l’hexagone.

    En recrutant un orchestre philharmonique, on a sans doute de grandes chances de voir ces siffleurs de supporteurs devenir harmonieux et peut-être même comme vous le pensez de siffler justement sauf si les sifflets étaient destinés aux membres du gouvernement, auquel cas la présence d’un philharmonique engendrerait probablement celle du ministre de la confiture et de l’étalage, et donc une prise de risque supplémentaire de subir des minutes additionnelles de dissonances, auquel cas au final il faudrait éviter la présence de membres du gouvernement pendant que sont joués les hymnes nationaux, ou au cours des matchs impliquant des équipes nationales ou d’éviter tout simplement qu’ils se rendent à  un quelconque match de foutchebol.

  6. Monsieur Pingouin

    Cher Criticus,
    Je pensais demander directement à  Ringo Starr ce qu’il en pensait, malheureusement ces temps-ci il a quelques soucis à  répondre aux lettres de ses admirateurs.
    Sinon j’ai une théorie : les Français sont réputés pour autre chose que leur gastronomie, quelque chose qui a plus à  voir avec leur accent.

    Cher Rubin,
    De rien, c’est dommage que tu aies dû consacrer ton premier billet sur le ballon rond de cette manière.
    Tu as raison, apparemment le 433-5-1 a été pensé comme la contre-offensive à  l’égard d’une invasion de supporteurs sur la toujours aussi innocente pelouse au cours d’un match opposant un pays à  six côtés à  l’Algérie. Bon sinon, dans les faits ça ne semble pas risquer d’être appliqué (Il y a maître Eolas qui remet les pendules à  l’heure à  ce sujet et qui a parfaitement raison de souligner que dans l’article 433-5 qui définit ce qui est un outrage à  l’hymne national il n’y a pas la moindre trace de sifflet) et ce en dépit des réactions épidermiques du gouvernement. Est-il étonnant d’ailleurs que cela donne des boutons aux ministres dont on dit ces temps-ci qu’ils ont les nerfs à  fleur de peau sitôt qu’il est question des six fleurs ? Le printemps doit être en avance en ce cas car on n’avait pas vu bourgeonner autant de propositions de la part d’un ministre depuis belle lurette.