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2009 sera vôtre (1)

Avant d’entamer cette chronique, je tiens à  vous souhaiter à  toutes et à  tous une bonne année. Je vous épargnerai mes nombreuses résolutions qui feraient tourner la tête à  un fonctionnaire des Nations unies délégué au protocole et à  la numérotation.

Cette chronique se veut un vague florilège nonologique de quelques unes des commémorations que vous subirez médiatiquement ou pas au cours de cette année. Je pense bien sûr à  l’année 1989, mais vous verrez que les années en neuf ont renversé quelque chose de vieux et pas seulement au carrefour après avoir grillé un feu rouge en état d’ivresse.

Vous aurez déjà  noté les 50 ans du Cubisme, pardon, je voulais dire du castrisme. En effet, je ne comptais pas dresser un mauvais tableau des résultats du régime castriste, qui avec la Corée du Nord peut nous prouver que l’on peut survivre à  un embargo commercial pendant cinquante ans en ne laissant que deux dirigeants de la même famille au pouvoir ; en matière de diversité gouvernementale même les Chinois et les Russes ont fait beaucoup mieux.

Je pourrais partir de loin avec les 200 ans d’Abraham Lincoln ou ceux de Charles Darwin et le 150ème anniversaire de sa théorie de l’évolution, mais je commencerai plutôt au siècle dernier sinon je ne vais plus en finir.

1909
À cette époque où le blaireau de tout poil peinait à  traverser la Manche avec les moyens du bord, Louis Blériot qui devait en avoir assez du mal de mer, s’envola avec un projet aérien sous le coude et réussit l’exploit le 25 juillet. Jalouse de ce succès, une compagnie ferroviaire née sous le signe zérologique du marasme financier et dont l’ascendant nous a prouvé qu’ils devaient descendre de la race des taupes, décida longtemps plus tard de relier la perfide Albion au continent européen par un fameux gros tunnel sous-marin : le célèbre (g)ros tunnel que l’on peut emprunter depuis maintenant 15 ans si l’on a peur du car-ferry et de l’avion.

1919
10 ans plus tard, les européens franchement lassés par la monotonie d’une guerre mondiale, s’entendaient pour tout faire afin qu’une autre se produise dans les 20 années à  venir. Les Alliés renvoyèrent les perdants de la Grande Guerre à  l’école, en leur dictant le traité de Versailles, soit dit de façon moins romantique : comment faire disparaître l’empire austro-hongrois, et attiser le sentiment revanchard germanique à  l’égard des beaux et gentils alliés pacifistes.

1929
En des temps paraît-il de morosité absolue, où les indices boursiers ne voulaient pas rebondir et où l’inflation était aussi galopante qu’un cheval dans la quinzième à  Auteuil, l’humanité se morfondait à  cause d’un jeudi complètement noirci par la crise financière. Si jeudi noir, alors il n’y a plus d’espoir, maxime reprise par un chanteur spécialiste en tentative d’évasion fiscale.1

1939
Après avoir mal digéré sa dictée versaillaise survenue 20 ans plus tôt, c’est plus vorace que jamais que la puissance allemande jeta son dévolu sur la Pologne en septembre, sans se rendre compte qu’elle allait perdre à  la faim. Insatiable malgré l’absorption récente de gros territoires comme l’Autriche, la Bohème et la Moravie ou Memel, l’appétit allemand confirma qu’il devait probablement venir en mangeant ; ce que personne n’avait dit à  l’Allemagne c’est qu’en mordant la poussière 6 ans plus tard, elle changerait de régime et serait victime de dédoublement de la personnalité.

De son côté l’ogre soviétique, en signant un pacte avec un petit moustachu affamé qui le dénoncera pour essayer de le dévorer tout cru lorsque l’heure serait venue de lui roussir la barbe, trouvait que l’hiver n’était pas assez rude. Il décida alors de se faire malmener en Finlande au cours d’une guerre qui vit l’inauguration du cocktail Molotov, l’apéritif de ceux qui aiment embraser une cause perdue.

En Italie, après avoir hésité à  s’en prendre de façon véhémente à  des gens qui partagent les mêmes valeurs hygiéniques, le douché renonce momentanément à  s’en prendre aux Yougos dont il sait bien qu’ils se lavent2 . Il lui fallut donc envahir en avril l’Albanie pour prouver que son Italie pouvait rouler autant des mécaniques que l’Allemagne de son ami moustachu qui venait de battre la Tchécoslovaquie.3

1949
Il y a 60 ans, les protagonistes de la longue marche arrivaient au premier jour d’octobre, tels les rois mages, à  destination et proclamaient la république populaire de Chine tout en chassant incontinent les nationalistes du continent. Renonçant à  voir dans cette fuite une partie de sa propre défaite, Tchang Kaï-Chek aurait crié « Formose, for me, for me, formidable ! » .4

La même année, l’URSS partage avec le reste d’elle-même sa joie en devenant la deuxième puissance fromagère mondiale. Tandis que Joseph Staline s’exclame : « La tomme porte les germes prometteurs de la révolution. » , plusieurs types dont des Français, des Chinois et des Britanniques répliquent : « Nous aussi nous voudrions ouvrir une crèmerie. Amis états-uniens et soviétiques, nous aussi voulons rejoindre votre collectivité exclusive ! » .

Cela fera 60 ans également pour l’organisation internationale qui dépasse les frontières de l’entendement en rassemblant non seulement ceux de l’entente cordiale, mais aussi une foule d’États dont les frontières n’ont jamais connu le plaisir de faire trempette dans l’Atlantique nord, et si je dis cela c’est parce que ses éventuels futurs membres d’avril, que sont l’Albanie et la Croatie, sont concernés.

1959
Lassé des chinoiseries continentales, un futur prix Nobel de la paix au crâne rasé, quittait Lhassa pour s’implanter en Inde avant d’aller courtiser le gotha de la côte ouest nord-américaine. La même année, recevant noël avant l’heure, les empereurs accueillaient avec satisfaction la garantie de ne jamais voir l’homme des casernes se livrer à  ses activités principales sur leur territoire lorsque les hommes signèrent un traité dans lequel ils renonçaient à  faire de l’Antarctique un champ de bataille.
Quelle belle illustration de la coexistence pacifique ce fut entre les animaux polaires et l’homo sapiens !

1969
Dix ans plus tard, un certain mélomane incendiaire de billets de 500 francs évoquait une année hautement érotique. Ne pouvant souffrir l’occupation soviétique plus longtemps, un autre incendiaire, Jan, de son prénom, un étudiant tchécoslovaque qualifié de pas lâche selon ses camarades de classe, préféra s’immoler lui-même plutôt que d’attendre de voir partir en fumée le communisme est-européen 20 plus tard.5
Regardant complètement ailleurs, les États-uniens prouvèrent qu’ils lisaient aussi les albums de Tintin le belge quand trois d’entre eux annoncèrent qu’eux aussi avaient marché sur la lune. Rétrospectivement il valait mieux cela que de la montrer aux soviétiques.

Il y a 40 ans aussi, l’inquiétude rationnelle commençait à  mettre son grain de sel dans les relations inter-balistiques internationales dans les discussions qui aboutiront plus tard à  la signature du traité SALT, première limitation des armements stratégiques, et le traité SALT 2, signé 10 ans plus tard.

Cela fait aussi 40 ans qu’en France les vieux de gauche regrettent la SFIO, quand ils ne pleurent pas le zombie communiste français à  la fête de l’Huma, et qu’aujourd’hui les jeunes désabusés de gauche regrettent la naissance du Parti socialiste dont certains m’ont dit parfois qu’il n’avait plus de socialiste que le mot parti, puisque depuis l’ouverture présidentielle tant de gens l’ont quitté.6 Georges Pompidou, qui n’avait cure de ce ressourcement des différents courants du socialisme, remporta la présidentielle sur Gaston Defferre, qui dut attendre 10 ans avant que son épouse ne le venge au Royaume Uni.

Toujours cette même année, John Lennon et Yoko Ono inventent le Bed-in & Breakfast en nous parlant depuis leur lit de faire l’amour mais pas la guerre ; n’ayant absolument rien compris au message diffusé, les Soviétiques et les Chinois populaires se font la guerre là  où le fleuve Amour voulait faire son lit.

Persistant dans l’érotisme et aimant vous conter ce qui se trame dans les lits bien faits ou dans les faits libyens, je vous dirai que c’est bel et bien en 1969 qu’un homme des casbahs, également amateur de trips au lit renversait le pouvoir en place et tirait la couverture vers lui en s’entourant de moult jeunes femmes originaires, tout comme lui, des casernes. Considéré longtemps comme non fréquentable pour avoir parrainé des activités terroristes au dessus du ciel de l’Écosse, il lui faudra près de 40 ans avant d’obtenir le droit de venir planter sa tente dans les jardins de l’hôtel Marigny.

Je vais interrompre cette chronique et évoquer la suite prochainement. 1979, 1989 et 1999 peuvent bien attendre un peu leur tour. En tout cas, je ne saurais attendre plus longtemps avant de vous renouveler mes bons vœux pour 2009, en espérant vous retrouver bientôt au prochain épisode.

  1. Vous l’aurez compris, impossible de vous dire que le 29 octobre vous n’y échapperez pas. []
  2. Oui, rendons à  Pierre Desproges, cette petite blague désormais désuète que j’aime bien et qui lui appartient. []
  3. Adepte du bain de sang, le bien nommé douché échouera lamentablement par la suite en voulant récidiver contre les Hellènes. En effet, la victoire préfèrera aller se faire voir chez les Grecs, qui résistèrent et renvoyèrent les hommes du douché se faire passer en revue par le petit moustachu affamé. Un savon et un lourd contingent teutonique plus tard, le douché fut enfin victorieux. Tirant les leçons de cet échec, les forces britanniques décidèrent de faire appel aux régiments d’Écossais dont le talent pour les douches sera jugé précieux pour les confrontations à  venir. []
  4. Sans vouloir trop en remettre une couche, une version alternative voudrait que Tchang Kaï-Chek eut plutôt dit « Those damn commies, they piss me off ! » ce qui traduit en français approximatif voudrait dire qu’il faut toujours se méfier des communistes, surtout de ceux qui arrivent à  pied par la Chine. []
  5. Jan le pas lâche, ou plutôt devrais-je dire Ian Palach. []
  6. Exemple d’un parvenu de l’ouverture présidentielle : Éric Besson est parti socialiste, il est arrivé au gouvernement Fillon. []

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