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8888 Lamantation 8888


Depuis l’annulation du Paris-Dakar, j’ai trouvé quelque chose de palpitant à  suivre dont je pense que beaucoup s’en donneront à  cœur joie. Le parcours absurde de la flamme olympique de la Grèce jusqu’à  son temporaire sanctuaire pékinois promet d’être sportif. D’ici que les membres de l’Union européenne aillent jusqu’au bout de leur initiative en ne participant pas à  la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, cela ne pourra qu’aider le téléspectateur à  ne pas confondre les drapeaux tchadien et roumain pendant le défilé, mais surtout cela rendra disponibles les Européens pour la commémoration du vingtième anniversaire d’un certain soulèvement. Voyez-vous de quoi je parle ?

Rougine Tao alias monsieur Roux1 , qui déjà  s’était illustré en inaugurant l’ouverture de la chasse au lama en 1989, n’a rien trouvé de mieux avec ses petits copains que de convaincre le comité olympique et le reste du monde de bouder le vingtième anniversaire du soulèvement des étudiants birmans du 8 août 1988. Alors entre Pékin et Naypidaw, que choisir ? Je comprends que les cœurs européens balancent.

Au fond de moi, je sens qu’il ne saurait y avoir de Tibet libre sans une Chine continentale libre, mais l’annexion du Tibet paraît aujourd’hui aussi irréversible qu’un rubick’s cube en désordre.2 De toute façon si la Chine populaire était libre, on ne parlerait pas de ses chaînes et de la façon dont elles traitent l’information au son tonitruant de «Lhassa ira, ça ira, ça ira, les bonzes et les lamas à  la lanterne !» .

À vrai dire, ce n’est certainement pas par conviction religieuse que je m’inquiète que l’on tire sur des manifestants fussent-ils des moines tibétains, des Serbes, des Kenyans ou des manchots. Faire feu sur des manifestants est tellement un signe de faiblesse de nos jours, que la seule peur que je puisse entretenir à  l’égard de la République populaire de Chine c’est qu’elle persiste à  se livrer à  des gestes aussi bas, si inférieurs à  la condition de puissance harmonieuse à  laquelle elle aspire. C’est d’autant plus inquiétant que les versions des faits livrées sont contradictoires. D’un côté, Pékin condamne la politique anti-commerciale primaire des autonomistes-indépendantistes tibétains avec violence en évoquant une lutte à  mort contre les émeutiers par la voix de Wen Jiabao, et de l’autre les Tibétains en exil rapportent un nombre de victimes près de sept fois plus élevé que celui annoncé par Pékin.3

Les dirigeants chinois sont véritablement capables de faiblesse dès lors qu’ils permettent de prouver que l’Homme est un loup pour l’Homme lorsqu’il est en possession d’une arme à  feu entre les mains. Faut-il vraiment s’en tenir à  cette poussiéreuse citation de l’idéologue Mao : «Le pouvoir est au bout du fusil.» ?4 Une redoutable citation qui incite à  laisser parler la poudre, dont chacun sait que la bouche du canon est capable de laisser sortir les maux les plus douloureux qui soient.

En effet, l’annexion du Tibet n’en reste pas moins mal vécue par les habitants. Comment les ressortissants d’une région aussi bien mise en valeur par les dirigeants chinois osent-ils se soulever de la sorte ? Ne sont-ils donc pas fiers d’appartenir à  cette grande réussite commerciale made in China ? Pourquoi regrettent-ils tant de devoir subir un double enseignement linguistique qui ne leur propose de suivre des cours en langue maternelle jusqu’au niveau du CM2 ? Existerait-il une certaine forme de discrimination à  l’égard des minorités ethniques dans ce pays où tout le monde s’enrichit, où une classe moyenne est en train de naître avec un brillant appétit pour la liberté de consommer ?5

Il ne serait question que d’harmonie et de besoins matériels ? Le Tibet tinte d’un autre son de cloche que celui de Pékin, celui de l’atteinte aux droits du bipède que peu de gens respectent surtout lorsqu’il est question des femmes. Pourtant à  Lhassa comme à  Pékin il y a un dénominateur commun : une même passion pour le rouge, mais une remarquable division sur la façon de le répandre. Je sais bien que la rouge geôle est une maladie persistante qui a pour effet de multiplier les cellules, et que les rares personnes qui pourraient y échapper disposent d’une immunité généralement diplomatique.

Je constate que si sévir à  Lhassa est automatique (voire symptomatique) dès lors qu’une manifestation a tendance à  s’éterniser, il conviendrait que je rappelle aux dirigeants chinois que la répression c’est comme les antibiotiques : «Ah, si c’est viral ah ça n’est pas automatique !» . C’est le monsieur de la réclame qui le dit à  titre préventif, une autre façon donc d’effectuer un rappel à  l’ordre même si je me doute bien que monsieur Roux et sa clique s’en passeront. Ils ont toujours été vaccinés contre les libertés individuelles, j’en veux pour preuve qu’ils prennent toutes celles qui leur conviennent.

J’entends déjà  les chiens de garde – des pékinois sans doute – aboyer quelque chose comme : «Peccadilles et mensonges éhontés monsieur Pingouin ! Le onzième Panchen Lama – choisi par nos hautes instances religieuses en accord avec le petit livre rouge – a d’ores et déjà  condamné les émeutes, ce n’est pas rien ! Les Tibétains lui doivent religieusement obéissance, au lieu de cela nous sommes obligés d’intervenir pour harmoniser leur comportement.» .

Hé bien si Dieu m’est comté et que le pape est vaudois, dans les deux cas je n’en ferai qu’une bouchée, ce à  quoi mon diététicien de vétérinaire me répondrait que tout cela n’est pas sérieux et que je devrais surveiller mon cholestérol. Il a raison, il n’y a rien de pire que l’humour gras même si ça fait du bien de temps en temps.

Alors pas de souci monsieur Roux si l’opération de communication pour le moment ne semble pas vous satisfaire, vous avez toujours la possibilité de vous refaire une santé à  l’exposition universelle de Shanghaï en 2010.

x6

  1. Transcription pingouinière récurrente de Hu Jintao. []
  2. Le Dalaï Lama ne demande pas l’indépendance – puisqu’il ne la croit pas viable – mais l’autonomie et la préservation de la culture tibétaine. []
  3. 19 ou 140 selon les versions. Et sans doute de plus en plus à  l’heure où vous lirez ces lignes. []
  4. 枪杆子里面出政权 : «Le pouvoir politique sort du fusil.» Pour celles ou ceux qui la chercheraient en version originale. []
  5. Une partie de la réponse consisterait à  dire que justement les Tibétains ne sont pas des Chinois à  100% mais une minorité non-Han, et que le traitement n’est pas le même. []
  6. À l’attention d’une mogwaï dont je sais qu’elle a beau avoir de nombreux pairs, il n’en reste pas moins qu’il n’y en a pas deux comme elle, vous pouvez cliquer – en douceur – sur le bouton dévoilant l’ensemble des jeux de mots de la chronique.
    []

12 Réponses pour 8888 Lamantation 8888

  1. Cratyle

    Je crois comme toi que la liberté des tibétains est peu séparable de la liberté politique des chinois.

    Peut-être est-ce donc une erreur politique de centrer la discussion sur la première et non sur la seconde. La pression occidentale pour le tibet a peut-être pour effet -via la thématique nationaliste- d’accroitre le soutien de la population chinoise à  son gouvernement. J’ai bien peur qu’elle ne soit en fait fortement contre-productive, car appuyée précisément sur la zone de force du régime.

    Peut-être faudrait-il d’abord appuyer la pression sur des thèmes qui soient utile à  la population chinoise elle-même, et sauraient ainsi mieux l’engager sur la voie de la démocratisation. En tout cas, ce serait pour le gouvernement chinois un problème autrement génant que les thématiques actuelles.

    Cratyle’s last blog post..Sur l’affaire Fuzz

  2. Gizmo

    Je crains qu’il n’y ait que dans le cinquième arrondissement de Paris que le Tibet rit.

    Gizmo’s last blog post..Evaluation par les pairs : une réponse

  3. Monsieur Pingouin

    Cher Cratyle,
    C’est exactement cela le fond du problème.

    Le nationalisme chinois est loin d’être un mirage : les Chinois sont très fiers d’être des Chinois (même s’ils savent que leur pays n’est pas – encore – aussi puissant que les autres) et nul ne saurait les inciter à  renier leur nationalité. Les premiers mots qu’un Chinois porte à  sa bouche évoquent la grandeur du pays, son amour pour celui-ci et pour sa culture vieille de plusieurs millénaires.

    Le PCC, qui possède le monopole de l’information sur le sujet, en profite pour livrer sa propre version des faits en l’orientant de sorte que les Tibétains passent pour des freins à  la croissance chinoise, des fauteurs de troubles.
    Ils transforment le message pacifique du dalaï lama par un appel à  la subversion et au séparatisme. Il n’y a pas de doute à  avoir, la communication sur son territoire est la zone de force du régime.

    L’occident qui cherche à  faire passer son message par de là  le rideau de fer pékinois a beaucoup de peine à  y parvenir (sans même que j’évoque les problèmes liés à  la censure). D’une parce que les Chinois Han ont peu de chance d’être sensibles à  une répression qui concerne une minorité ethnique, de deux parce que vu la façon dont l’occident traite l’information sur la Chine ils ne pourraient qu’en rire (Exemple : j’ai vu des photos de manifestations au Népal diffusées comme provenant du Tibet. On aurait pu jouer à  Karambolage sur Arte, l’indice des uniformes n’était pas très compliqué à  saisir) et de trois parce que l’universalité des droits de l’Homme n’est vraiment universelle que d’un point de vue occidental.

    Ceci dit, ces idées ont progressé même si j’entends souvent le contraire, mais c’est un tout autre débat.

    Influer sur les libertés politiques des Chinois nécessiterait déjà  de bloguer dans la même langue qu’eux pour toucher ceux qui sont intéressés par nos points de vue.

    Les Chinois qui découvrent les joies de la consommation de produits importés sont globalement reconnaissants envers ses dirigeants. Si l’économie chinoise actuelle était un échec, il en serait tout autrement mais ça c’est de la pure fiction.

  4. Monsieur Pingouin

    Chère Gizmo,
    Vous avez raison, et ce pour la cinquième fois consécutive. :-)

  5. Raveline

    Ooooh !! « Lhassa ira » ! Mais vous gâtez vos lecteurs, cher pingouin ! Pour ma part, je regretterais presque le temps de l’Empire de Chine et de ses impératrices sexy (bon, c’est pas aussi drôle, mais je fais ce que je peux).

  6. Monsieur Pingouin

    Sexy l’impératrice ?
    Vous êtes sûr qu’elle n’était pas autrichienne ? :-)

  7. le chafouin

    « Je crois comme toi que la liberté des tibétains est peu séparable de la liberté politique des chinois »

    Certes! c’est même agaçant de voir nos bons politiques se réveiller précisément maintenant, alors que tibet ou pas tibet, la chine est une dictature où la peine de mort existe, où on vous empêche d’avoir le nombre d’enfants que vous souhaitez, où vous ne pouvez pratiquer le culte que vous voulez, où la police d’état veille, où vous ne pouvez pas lire les chroniques d’un pingouin extraordinaire…
    Les Chinois sont d’autant plus influençables qu’on leur dépeint l’info occidentale comme biaisée et antinationale!

  8. Raveline

    Vous confondez avec une autre impératrice, si, si. L’impératrice sexy avait elle aussi une vie sentimentale compliquée. N’est-ce pas elle qui provoqua une révolte, en décrétant que tous les hommes devaient porter des boxers ou quelque chose comme ça ?

  9. Monsieur Pingouin

    Cher Raveline,
    Je ne m’attendais pas à  ce qu’un spécialiste des sans-culottes s’intéresse aux dessous de l’histoire chinoise et lève le voile sur les intrigues de cette impératrice de douairière les fagots.
    Cà­xǐ
    dit, j’aurais peut-être dû. :=)

  10. Monsieur Pingouin

    Cher chafouin,
    N’exagérons pas, les Chinois peuvent venir lire ici ce qu’ils veulent, c’est juste qu’ils ne sont pas encore au courant de mon oiseuse existence. :-)

    Je crois aussi que nos bons politiques savent que nous avons normalisé nos relations avec la République populaire de Chine en 1964, soit quelque temps avant les États-Unis en 1972. Aux yeux de la politique étrangère française, il va de soi que le Tibet fait partie intégrante de la Chine continentale, et qu’il n’est pas question de soutenir l’indépendance de Taïwan. Nos bons politiques ont donc eu tout le temps qu’ils souhaitaient pour réfléchir à  la question communiste chinoise.

    Pour ce qui est de la peine de mort, les Chinois ne sont hélas pas les seuls, il suffit de regarder outre-Atlantique.

    Du côté religieux, il est aujourd’hui possible de se rendre dans une église ou dans une mosquée. En effet la Chine continentale actuelle n’en est plus aux délires de la révolution culturelle pendant laquelle certains bonzes en étaient rendus à  placarder des affiches à  l’effigie du grand timonier pour ne pas que leurs bâtiments soient attaqués.
    S’il existe bel et bien des mouvements religieux interdits, la constitution de 1978 puis celle de 1982 dans ses articles 34 et 36 maintenus jusqu’aujourd’hui garantissent / rétablissent la liberté de croyance comme celle de ne pas vouloir en avoir.
    Je me doute bien que tu me feras remarquer que la constitution de l’URSS de 1936 telle que Boukharine l’avait rédigée garantissait elle aussi la liberté de la presse et de religion, cependant comparé aux fermetures des établissements et à  la fermeté de 1949 c’est un progrès.
    Ensuite, si la nomination de dignitaires religieux (cardinaux ou évêques) en Chine populaire est sujet à  précaution pour le Vatican avec lequel Pékin a rompu officiellement ses relations en 1951, personne en revanche se demanderait s’il est bon ou pas d’empêcher qui que ce soit d’aller prier tant que l’église où il se rend est reconnue par l’État. Et c’est là  que l’on trouve la faiblesse de cette ouverture à  la vie spirituelle, puisque les établissements ou les courants non agréés par l’État sont voués à  la clandestinité et menacés de répression. Dans le même genre, c’est par méfiance ou par souci du bonheur spirituel de sa population que Pékin devrait se permettre de nommer ses évêques directement, afin de ne plus s’embarrasser des nominations de sa sainteté Benoît XVI. Certes la situation s’est améliorée mais je suis d’accord avec toi ce n’est pas la panacée non plus, surtout pour les catholiques chinois qui reconnaissent l’autorité du pape par exemple.

    J’ajouterai aussi que quelque part l’information occidentale est biaisée, pas la nôtre quand tu la représentes bien évidemment ! ;-) mais tu sais il arrive, quand il est question de la Chine, que l’on entende des noms de région lorsqu’il est question de noms de ville, un peu comme lorsque nous sommes étonnés de voir le placement des villes françaises par CNN lors des émeutes de novembre 2005. à€ cause d’une simple faute de géographie, quelle que soit l’information que nous souhaitons diffuser elle perd tout son crédit.

    Enfin, je crois qu’il n’est pas aisé de faire comprendre à  la société chinoise que nous ne sommes pas contre elle, parce que nous oublions qu’en dehors des activistes des droits de l’Homme et des opposants au régime, la population vit bien mieux qu’elle ne vivait il y a plus de trente ans à  la mort du président Mao, et que comparé à  cette époque ses soucis sont bien différents. Pourquoi donc voudrait-elle se plaindre de son bienfaiteur actuel ?

  11. eric

    ce qui arrive avec lestibetin et un chatiment venent de la par du seignieur des mondes car l heure et venu qu il pay pour l heures idolatrie sur ce je vous salut info de la par de l ange homme gabriel

  12. Monsieur Pingouin

    Non, je ne crois pas …